Introduction au XVIème siècle
Les siècles
précédents
476 :
chute de l'empire romain ; ensuite, période assez confuse environ jusqu'au
VIIème siècle. Seuls les monastères assurent une certaine continuité
culturelle, en latin. Jusqu'au XIVème siècle, le latin sera la langue de la
culture.
Peu à peu, constitution de langues vernaculaires (propres à une communauté, à
la différence du latin, langue "internationale") : les régions
gagnent en autonomie et on assiste à la naissance d'œuvres littéraires réelles.
XIIème siècle : création des premières universités ; apparition du roman courtois. Rôle des troubadours,
trouvères et jongleurs, qui perpétuent une tradition orale : Roman de Troie
; Roman de Renart ; légende du roi Arthur
; Roman de Tristan et Iseult.
XIIIème siècle : l'idée de nation grandit (surtout sous Philippe Auguste et Philippe le
Bel). La littérature devient plus moralisante, grâce aux fabliaux. Roman de la rose
(sujet : amour et vérité) ; chroniques historiques (Histoire de Saint Louis) ;
jeux dramatiques.
XIVème siècle : la peste
ravage l'Europe pendant la première moitié du siècle : un tiers de la
population européenne disparaît ; s'ajoutent des guerres (surtout la guerre de
Cent ans) des émeutes... Apparition d'une littérature satirique, sous forme de
pamphlets ; importance grandissante du théâtre (les mystères, les farces) et de
la poésie (rondeaux et ballades).
XVème siècle :
L'Europe se repeuple.
Le
XVIème siècle
Nombreux voyages :
- Colomb : Cuba, Haïti, Brésil ;
- Vasco de Gama : Sud de l'Afrique (cap de Bonne Espérance) ; Sud-est de
l'Afrique, Indes ;
- Amerigo Vespuccini :
Nord-est de l'Amérique du sud
- Magellan : Est de l'Amérique du sud, jusqu'aux Philippines ;
- Cortez : Mexique ;
- Pizarro : Pérou ;
- Cartier : Canada.
Dans le domaine scientifique :
- Découverte de l'imprimerie en 1448 (Gutenberg, 1450-1470) : les textes
latins et grecs sont désormais étudiés dans leur langue originale, sans les
commentaires qui ont fleuri au Moyen Âge ; d'où la redécouverte de la
philosophie antique ; l'homme devient le centre et le résumé du monde.
- système de Copernic (1473-1543), dont l'oeuvre est poursuivie par
Kepler, Galilée et Newton. Il révolutionne le système de Ptolémée, pour lequel
l'homme se situait au centre de l'univers : depuis Copernic, l'anthropocentrisme
est abandonné au profit de l'héliocentrisme ; Giordano Bruno émettra,
lui, l'idée que l'univers est infini.
Dans le domaine religieux :
malaise au
sein de l'église à la fin du XVème siècle : recherche d'une religion plus
personnelle, d'un culte plus simple et moins magnifique ; l'autorité du pape
est remise en cause : seul Dieu mérite obéissance et peut accorder son pardon.
Dans le domaine artistique
:
début de la renaissance artistique ; quattrocento italien : les écrivains Boccace
(le Decameron, 1350) et Pétrarque
(1304-1374) ; les frères Van Eyck (retable de
la cathédrale de Gand), et Jérôme Bosch (La nef des fous), en peinture ;
le graveur Dürer.
Quelques repères historiques
en France
Partout en Europe se constituent de
grands états politiques, qui remplacent les petites seigneuries du Moyen Âge :
les seigneurs doivent se soumettre au pouvoir royal ; les guerres sont
désormais nationales et la population ressent de plus en plus un sentiment
d'unité nationale.
Le rêve de conquête de l'Italie :
Dès son accession au trône, François Ier poursuit les rêves de ses
prédécesseurs.
1515 : victoire de Marignan.
1525 : défaite de Pavie et captivité du roi.
1552 : Traité du Cateau-Cambrésis avec Henri II : les Français renoncent à l'Italie ;
les guerres d'Italie ont eu au moins l'avantage d'inciter les Français à
prendre contact avec la renaissance italienne, ce qui va marquer
considérablement la vie des artistes français.
La question religieuse :
Érasme (1467-1536), hollandais cosmopolite et humaniste traduit le Nouveau Testament en 1516, pour qu'il
soit possible d'en étudier le texte sans le poids des commentaires ou des
interprétations.
Le 31 octobre 1517, Martin Luther (1483-1546) s'indigné devant
les indulgences papales, affiche ses "95 thèses" sur la porte d'une
église de Wittenberg : il chercher à faire revenir l'église aux premiers
principes de la chrétienté et à la débarrasser de l'emprise de l'appareil
hiérarchique ecclésiastique ; excommunié, il assura la diffusion de ses idées.
Parallèlement, en Angleterre, naissance de la religion anglicane.
En France, Calvin (1509-1564) met en place l'Église réformée, mais chassé de France, il se
réfugie à Genève.
1534 : l'affaire des placards
(pamphlets contre la messe, placardés à Paris et à Amboise). Désormais, les
réformateurs seront persécutés.
1555 :
paix d'Augsbourg : le culte protestant est autorisé. dans
les États protestants.
1562 :
massacre d'une soixantaine de protestants à Wassy. De 1562 à 1589 vont se
succéder huit guerres de religion.
1572 : nuit de la Saint-Barthélemy :
massacre de protestants
1598 : édit de Nantes : il accorde à nouveau le
droit de culte, dans les villes où il avait déjà existé.
La société française :
80% de la société française est
paysanne. Elle vit tout de même un peu mieux qu'au Moyen Âge, grâce au climat
de paix relative. Les villes se peuplent : Paris compte 300 000 habitants ;
Rouen et Lyon 100 000. Le pouvoir économique va peu à peu remplacer le pouvoir
féodal du Moyen Âge.
Les privilèges de l'aristocratie restent toutefois importants :
privilèges de justice, exemption de taille et de corvées personnelles, emplois
réservés... Apparition d'une classe de nouveaux riches qui rachètent les titres
de noblesses des aristocratiques ruinés. Accroissement de la misère des pauvres
: augmentation du chômage ; nombre grandissant de mendiants.
Les rois du XVIème siècle
Louis XII : 1498-1515
François Ier : 1515-1547
Henri II :
1548-1559 (1539 : le français devient la langue officielle : accords de Villers-Cotterêts :
la loi est désormais rédigée uniquement en
langue française, contrairement au passé, où elle
était rédigée dans la langue de chaque région).
François II : 1559-1560
Charles IX : 1560-1574
Henri III : 1574-1589
Henri IV : 1589-1610
La Renaissance littéraire en
France
Le Moyen Âge est globalement
condamné, car considéré comme obscur. De nouveaux horizons s'ouvrent : les
érudits d'Europe Orientale apportent leur culture ; les princes enrichis par
les nouvelles colonies favorisent l'art ; le contact avec les Italiens, du fait
des guerres en Italie, change la mentalité des artistes français ; on
redécouvre l'antiquité qu'on veut connaître telle qu'elle était et non plus
telle qu'on voudrait qu'elle soit. Enfin, la finalité des recherches n'est plus
la même : le Moyen Âge centrait le monde sur Dieu ; le XVIème siècle le centre sur l'homme : l'humanisme est apparu.
L'humanisme cherche un chemin de sagesse grâce
au modèle des Anciens, qu'on lira désormais dans le texte. L'homme est au
centre de sa quête (contrairement au Moyen Âge, où tout est centré sur
Dieu). À l'image de l'harmonie du monde environnant, l'homme peut être en
harmonie avec lui même, corps et âme. Il peut se réconcilier avec lui-même,
sans ployer sous la culpabilité du péché originel : en chaque homme subsiste une
part de liberté inconditionnelle.
Dans le domaine religieux,
les humanistes s'appuient sur le texte même de la Bible, loin des
interprétations théologiques ; le libre examen est de rigueur : on peut
donc se passer des enseignements des théologiens, ce qui n'est guère du goût de
la Sorbonne !
Dans un domaine plus
profane, ils adoptent les mêmes conduites : Guillaume Budé (1468-1540), en particulier,
organise un véritable réseau de soutien aux traducteurs et éditeurs, rend
obligatoire le dépôt de toute oeuvre imprimée à la collection royale, et
multiplie les travaux de philologie pour retrouver les textes anciens tels
qu'ils étaient, et non tels qu'on les interprétait. À sa demande, François Ier va créer le Collège des lecteurs
royaux, futur Collège de France. Le statut des écrivains change : on
reconnaît la valeur d'un écrit littéraire et les auteurs accèdent à un statut
privilégié : ils ne sont toujours pas autonomes (particulièrement sur le plan
financier), mais sont placés à part, parmi les courtisans.
L'humanisme est optimiste dans la mesure où les hommes croient au progrès social et à une paix
durable. Malheureusement, les dernières décennies du siècle, marquées par
les conflits religieux, briseront les espérances de bien des hommes, même s'ils
restent attachés à d'autres valeurs de cette doctrine, en particulier celle de
la liberté fondamentale de l'être humain.
Trois courants se
dessinent, en ce XVIème siècle :
- la littérature humaniste ;
- la littérature courtoise ;
- la littérature engagée.
La joie de vivre du début du
siècle
Deux grands noms
Rabelais
environ
1483 ou 1494-1553
Vie très mal connue. Père
avocat. Né près de Chinon ; on ignore tout de sa jeunesse. Vers 1511
: entre dans les ordres. Devient moine avant 1521. Il fréquente déjà les
humanistes.
Études juridiques
ensuite (il apprend le grec, ce qui est interdit par la Sorbonne), puis
médicales, à Montpellier : il devient médecin à Lyon en 1532.
Sa formation est donc ample et diversifiée.
Beaucoup d'admiration pour Érasme
: cf. une lettre écrite en 1532 : "Je vous ai nommé père, je dirais même
mère, si votre indulgence m'y autorisait."
Pour la foire d'automne de Lyon, en 1532, publie, sous le pseudonyme d'Alcofribas Nasier, un récit : Pantagruel,
roi des Dipsodes : cette aventure d'une famille de
géants est condamnée par la Sorbonne, pour obscénité, en 1533 ; la portée
philosophique de l'œuvre dérangeait (hymne aux humanistes, parodie de la
religion) mais Rabelais est protégé par François Ier. Il part voyager en
Italie pour se faire oublier.
1534 : La
vie très horrificque du grand Gargantua, père de
Pantagruel
Rabelais y accentue ses
attaques : primauté du rire, mais portée philosophique encore plus importante
que précédemment : définition de la foi comme une confiance en Dieu et en ses promesses, et non une vulgaire crédulité ; prise de position
en matière d'éducation : il prend le contre-pied des règles monastiques en
vigueur. Dans la préface du livre, il montre son attachement à l'humanisme avec
l'image de l'os : "rompre l'os et sucer la substantifique moelle".Le livre étant lui aussi
censuré, Rabelais retourne en Italie en 1536 !
1537 :
Il fait à nouveau parler de lui en pratiquant une
dissection (totalement prohibée) à Lyon. Deux ans
plus tard, il va séjourner à Turin.
1543 : les deux livres sont censurés par le Parlement.
1546 : Le
Tiers Livre : c'est la suite de Pantagruel, centrée sur le
personnage de Panurge, esprit inquiet à la recherche du bonheur. Après la
condamnation du livre, Rabelais s'enfuit à Metz, puis à Rome ; on
le retrouve ensuite curé à Meudon.
1552 : Le
Quart Livre : un voyage jusqu'à l'oracle de la "dive bouteille".
1562 : Le
Cinquième Livre : parution posthume et d'authenticité discutée.
Clément Marot
1496-1544
Il connut, dans son enfance,
l'enseignement du Moyen-âge : son père, Jean, faisait partie de l'école des Grands Rhétoriqueurs ;
après des débuts littéraires dans la lignée de son père, il s'en écarta
bientôt, et devint poète de Marguerite de Navarre, sœur de François Ier.
Tout en gardant les structures poétiques traditionnelles, il rompt avec ses
prédécesseurs par la hardiesse et la spontanéité de son ton. De
1527 à 1534, il sera poète officiel de la Cour.
Son comportement également
n'est pas toujours conforme aux normes : cela lui vaut des emprisonnements
(exemple, en 1526, au Châtelet, pour avoir mangé du lard pendant le Carême). En
1534, il doit s'exiler après l'affaire des
Placards et s'enfuira en Italie. Après un retour d'exil en 1536,
il connaîtra une fin de vie assez tumultueuse : inquiété pour avoir
traduit des psaumes, condamné pour avoir joué aux
cartes, il meurt en exil, à Turin, en 1544.
La Pléiade
Le
mouvement
À l'origine, un manifeste
écrit en 1549 par le poète Joachim Du
Bellay : Défense et illustration de la langue
française. Dans cet ouvrage, il privilégie l'idée d'une imitation des
Anciens, source fécondante pour l'inspiration du poète qui doit créer ensuite,
dans sa propre langue.
Plusieurs poètes issus du collège de Coqueret, en accord avec ses idées,
se regroupèrent alors, d'abord sous le nom de Brigade, puis sous celui de Pléiade, à l'image de la constellation du même nom, qui comprend sept
étoiles. Les poètes rendent également hommage de la sorte à une autre Pléiade,
groupe de sept poètes de l'époque alexandrine.
Voici les noms de
ceux qui composèrent le groupe, en plusieurs époques successives : Du Bellay,
Ronsard, Antoine de Baïf, Étienne Jodelle, Pontus de Tyard, Jean de la Péruse,
Rémi Belleau, Guillaume des Autels, Jacques Pelletier du Mans, Dorat.
Une des priorités de
ces poètes est qu'on utilise la langue française pour composer un poème
: si la langue paraît pauvre, il faut l'employer d'autant plus, pour l'enrichir
: il est permis de créer des mots (néologismes) d'après les mots des
langues anciennes, les dialectes, par composition de deux mots existants... Il
convient également d'enrichir le style par le recours à la périphrase ou
aux épithètes significatifs. Le rôle de la poésie n'est pas le même que
celui de la prose : la prose est utile, tandis que la poésie est avant tout
un beau texte. Il est donc important d'enrichir la versification et
de rechercher l'harmonie dans les vers. Les formes de poèmes les plus
recommandées sont les épigrammes, la tragédie, la comédie,
les sonnets, les hymnes, les odes, les épîtres...
Enfin, la référence aux Anciens reste essentielle, mais il ne faut pas les traduire (le style originel
serait ainsi trahi), mais reprendre leurs thèmes
généraux et les adapter à la langue française.
Leur conception du rôle du poète est très noble : un poète ne peut pas
ne pas être inspiré : il est enthousiaste au sens étymologique (inspiré par la divinité qui est entrée en lui), tout
comme la pythie de Delphes ; il devient ainsi comme un prophète ; par
l'inspiration, il insufflera l'immortalité à son oeuvre et cherchera à
faire partager cette immortalité aux autres ; mais l'inspiration ne
suffit pas : il faut aussi travailler !
Deux grands noms
Du Bellay
1522-1580
Né près de Liré, en Anjou, il est orphelin de très bonne heure
et vivra une enfance très libre, sinon délaissée. En 1545, il va faire des
études de droit à l'université de Poitiers ; il y apprend le latin avec Peletier du Mans qui l'encourage à écouter un goût prononcé pour la poésie depuis son
adolescence.
De 1547 à 1549, il étudie au Collège de Coqueret avec, entre autres, Ronsard. Il y apprend l'italien.
Juste après, il fait paraître la Défense et son premier recueil, L'Olive,
d'inspiration pétrarquiste.
Il rêve alors d'aller à Rome, peut-être pour échapper à des
soucis de santé (la surdité le gagne), et d'autres familiaux (décès de son
frère et succession très difficile). Il va alors rédiger, dans ses recueils, une
sorte de journal qui reflète ses espoirs et ses déceptions cruelles : Antiquités
de Rome, Regrets.
En 1557, il quitte Rome,
peut-être à cause d'une femme. Il se rend compte que la cour française
ressemble à celle d'Italie et qu'elle ne vaut guère mieux !
Il publie deux autres recueils
: les Jeux rustiques et Le Poète Courtisan.
Il meurt le 15 janvier 1560,
à l'âge de 37 ans.
Ronsard
1524-1585
Né à Vendôme dans une famille noble, il entre comme page à la Cour, puis devient secrétaire d'un
diplomate. Mais sa carrière est interrompue brutalement : il est atteint de
surdité. Il se consacre alors à l'écriture et publie, en 1550,
les Quatre Premiers Livres des Odes. Le succès n'étant pas éclatant, il
change de style et publie désormais des poèmes inspirés de Pétrarque : 1552, Les Amours ; 1555
: Continuation des Amours...
Dans ces recueils, il chante son amour pour Cassandre, puis pour Marie. Il n'a aperçue Cassandre Salviati que deux jours à la Cour, alors
qu'elle était âgée de 13 ans ; sous le prénom de Marie, on peut voir une jeune habitante de Bourgueil, en Anjou,
mais aussi Marie de Clèves, maîtresse d'Henri III, morte très jeune.
Dans un autre domaine, il
publie, en 1562, le Discours des misères de ce temps, pour
témoigner des troubles religieux de son époque.
En 1572, il publie la Franciade, poème épique par lequel il
voulait célébrer la France, comme Virgile l'Italie dans l'Énéide. Mais
le poème reste inachevé et ne connaîtra pas de réel succès.
En 1578, paraissent
deux recueils : Sur la mort de Marie et Sonnets pour Hélène.
Enfin, en 1586 paraissent, de manière posthume, Derniers Vers. Le public
lui a rendu hommage à sa mort, comme à l'un des plus grands poètes de
son temps.
Les écrivains de la fin du
siècle
Deux grands noms
Agrippa d'Aubigné
1552-1630
Orphelin de naissance et de famille protestante, il est confronté à
l'horreur de la guerre dès l'âge de huit ans : il voit les têtes de conjurés
décapités devant lesquelles on lui fait jurer vengeance.
Dès 1563, âgé de 11
ans, il prend part aux combats. Sa vie sera en grande partie celle d'un soldat. Toutefois, en 1571,
ayant fait la connaissance de Diane Salviati, il se tourne vers l'écriture et compose le recueil du Printemps.
Après avoir combattu auprès du
futur Henri IV, il
se retire, blessé, et rédige son oeuvre maîtresse, Les Tragiques, poème
consacré aux malheurs des protestants.
La fin de sa vie est tumultueuse : il quitte la Cour d'Henri IV dont il considère la réconciliation avec les catholiques comme une trahison ;
en 1610, il participe au soulèvement des protestants contre Marie de Médicis ; l'échec du soulèvement le
laisse endetté et très aigri. Il doit s'exiler enfin à Genève,
après un second soulèvement et y meurt en 1630, après avoir rédigé un Traité
sur les guerres civiles, un autre Du devoir des rois et des sujets
et une Histoire universelle.
Montaigne
1533-1592
Michel Eyquem est né au château de Montaigne, dans le Périgord. Après des études menées sous la conduite d'un
précepteur, il devient magistrat; en 1557, il rencontre un autre
magistrat, qui va devenir son ami, Étienne de la Boétie (mort en 1563) : de tempérament stoïcien, il va influencer Montaigne
et conduire sa réflexion politique dans un premier temps. À la mort de La Boétie, Montaigne doit affronter la mort et son cortège
d'angoisses ; il commence à s'écarter de la vie politique.
En 1570, il commence la
rédaction des Essais, après avoir démissionné de sa charge de magistrat.
De 1581 à 1585,
il occupe la fonction de maire de Bordeaux.
Ses activités politiques n'apparaissent pas de manière
directe dans les Essais. Il participe pourtant aux événements de son
temps, et y réagit, mais son oeuvre se veut intimiste.
Toutefois, on peut y lire le résultat de nombreuses réflexions, comme
celle sur la colonisation (Les Cannibales), sur les guerres
civiles (De la physionomie) ou sur la torture (De la
conscience).
Il meurt dans son domaine,
pendant la relecture de l'édition de 1588.
La Renaissance artistique en France
et dans les autres pays d'Europe
Quelques grands noms
En France :
Les châteaux de la Loire, de
Saint-Germain ou de Fontainebleau ; quelques sculpteurs :surtout
Goujon
(1510-1566) : La Fontaine des saints innocents ; et Pilon (Les trois grâces) ; quelques peintres dont
surtout Jean Clouet
(1485-1541), qui réalisa beaucoup de portraits.
En Angleterre :
Shakespeare (1564-1615) : il ne fut réellement connu en France qu'au XIXème siècle.
C'est l'apogée du théâtre élisabéthain dans ce pays.
En Italie :
Léonard de Vinci (1452-1519) : La Joconde ; Michel-Ange (1475-1564) : sculptures et peintures ; Raphaël (1483-1520)
En Allemagne :
Dürer (1471-1528 : peintre et graveur) et Holbein (portraitiste), qui devint le
peintre de la cour d'Angleterre.
Dans les pays flamands :
Essentiellement Bruegel (1530-1569), peintre dominant
de la peinture flamande, et ses deux fils.
En Espagne :
Apogée du roman picaresque :
le héros picaresque, issu du milieu des gueux, des tricheurs..., découvre la
société en voyageant ; ce type de roman présente l'envers du décor des romans héroïques.
1554 : La vie de Lazarillo de Tormès (anonyme) ; 1605-1615 : Don Quijote (Cervantes). Un peintre grec d'origine, Le Greco (1541-1614), s'est fixé à
Tolède où il mourra par la suite.
Document : Préface à son
livre, par Copernic
"Je me suis convaincu que
le soleil est une étoile fixe, entourée de planètes qui roulent autour d'elle
et dont elle est le centre et le flambeau ; qu'outre les planètes principales,
il en est encore d'un second ordre qui circulent d'abord comme satellites
autour de leurs planètes principales, et avec celles-ci autour du soleil ; que
la terre est une planète assujettie à un double mouvement : que tous les
phénomènes du mouvement diurne et annuel, le retour périodique des saisons,
toutes les vicissitudes de la lumière et de la température de l'atmosphère
qu'ils accompagnent sont des résultats de la rotation de la terre autour de son
axe et du mouvement périodique autour du soleil."