Une jeunesse romantique :
Gustave Flaubert naît à Rouen, en Normandie, où son père est chirurgien. Elève au collège de la ville, il s'intoxique de lectures romantiques. À quinze ans, il fait la rencontre d'Élisa Schlesinger, à Trouville, au bord de la mer ; elle représente à jamais pour lui le visage de l'amour et réapparaît dans LEducation Sentimentale.
Lermite de Croisset :
Sa famille lui fait commencer des études de droit qui ne l'intéressent pas. Il a déjà le goût d'écrire ; il part pour Paris. En 1844, les premières atteintes d'une maladie nerveuse l'amènent à se retirer dans une propriété que vient d'acheter son père, à Croisset, au bord de la Seine. C'est là qu'il va travailler toute sa vie à polir et repolir son oeuvre. Quelques voyages lointains (Corse, Italie, Egypte, Palestine, Grèce) interrompent son travail acharné d'écrivain. Après la publication de Madame Bovary, il est poursuivi par les tribunaux pour immoralité ; il n'est acquitté que de justesse, mais ce scandale assure son succès.
Succès et Amertume :
Si Salammbô est un succès, LEducation Sentimentale, livre auquel il a travaillé de nombreuses années, n'obtient aucun écho, il dépense sa fortune à essayer d'empêcher sa famille de tomber dans la faillite. Elisa qui est le grand amour de sa vie et qu'il ne peut épouser devient folle et est internée dans un asile. Parmi ses amis fidèles, on compte Zola, Daudet et Maupassant. Il meurt à cinquante-neuf ans, épuisé par le travail auquel il vouait une véritable religion.
L'homme :
Il y a deux personnages dans Flaubert, l'un contaminé par le romantisme du temps de sa jeunesse, l'autre épris, par réaction, d'exactitude et d'objectivité. S'il est devenu l'ennemi impitoyable de la sottise qui se cache parfois derrière les aspirations romantiques, il conserve pourtant du romantisme l'enthousiasme de l'imagination et du coeur, un penchant pour le lyrisme, la haine de la médiocrité et surtout le mépris du bourgeois qu'il définit comme « quiconque pense bassement».
Lart objectif :
Le romancier ne peut être vrai que s'il observe l'âme humaine avec l'impartialité de la science, c'est-à-dire sans faire intervenir ses sentiments personnels. Aussi s'efforce-t-il de paraître absent de son oeuvre. Dans l'Education sentimentale, il regarde vivre de l'extérieur le personnage de Frédéric Moreau.
La méthode scientifique :
Flaubert a passé sa jeunesse dans un milieu médical où l'observation rigoureuse des phénomènes était de règle. Flaubert a donc appliqué la méthode scientifique à la littérature: observation rigoureuse de la réalité et élaboration des lois générales découlant de ces observations. La documentation est donc devenue la condition essentielle de son travail. Puisque ses romans s'inspirent, pour la plupart, d'événements réels, il se livre à de vastes enquêtes. Le souci d'exactitude documentaire était devenu pour Flaubert une hantise. .Avant de décrire l'empoisonnement de Mme Bovary, il consulte plusieurs traités médicaux. Dans l'Education sentimentale, il reconstitue l'atmosphère parisienne entre 1840 et 1851, et en particulier les journées révolutionnaires, avec une incroyable précision. Selon l'auteur ce coup d'oeil médical de la vie est le seul moyen d'arriver à de grands effets d'émotion."
Quelques oeuvres :
1857 Madame Bovary
1862 Salammbô
1869 LEducation Sentimentale
1877 Les Trois Contes
1881 Bouvard et Pécuchet.