Baudelaire : la biographie

Charles Baudelaire : le procès

 

Arthur Rimbaud disait de lui «C'est un Dieu». La justice de Napoléon III, au contraire, voyait en lui un diable et elle l'obligea à enlever plusieurs poèmes des « Fleurs du mal » pour outrage à la morale publique.

Le procès de Baudelaire (il doit se présenter le 20 août 1857 à l'audience de la 6ème Chambre Correctionnelle devant laquelle sont traduits escrocs, souteneurs et prostituées) ne dure que quelques heures: vite fait, mal fait. Le processus de Pinard (procureur général) est simple : dresser un catalogue de passages isolés les plus outrageants, afin de démontrer à la cour l'offense indéniable à la morale publique et religieuse. La défense de l'avocat de Baudelaire, Maître Chaix d'Est-Ange, n'est pas plus brillante. Gêné dans sa plaidoirie par un poète qui préférerait se défendre seul et sans que soient abordés certains points de sa vie privée et familiale, le défenseur se contente essentiellement de comparaisons avec d'autres ouvrages fort connus, pourtant équivoques, mais jamais poursuivis. Le verdict est à la hauteur des plaidoiries : le tribunal ne relève pas l'offense à la morale religieuse, mais considère qu'en se qui touche à la morale publique et aux bonnes moeurs, il y a bien lieu à condamnation, l'ouvrage contenant des passages ou expressions obscènes et immorales.

 

Il ordonne la suppression des poèmes suivants: «Les Bijoux», «Le Léthé», «A celle qui est trop gaie», l'une des «Femmes damnées». «Lesbos», les «Métamorphoses du Vampire». Baudelaire et ses éditeurs sont condanmés à payer une amende (300 F pour l'écrivain), et sont privés de leurs droits civiques.

 

 

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