Eugène IONESCO nait à Slatina, en
Roumanie (père roumain et mère française), le 26 novembre 1912 et meurt à Paris
le 28 mars 1994.
Il vit à Paris de sa première à
sa treizième année.
Adolescent, il fréquente la
Faculté des Lettres de Bucarest. Il enseigne le français puis devient critique
littéraire. Il publie en 1934 un essai intitulé "NON" sur l'identité
des contraires.
En 1936, il épouse Rodica. En 1938, il obtient une
bourse du gouvernement pour préparer une thèse sur le thème de la mort dans la
poésie moderne.
Il arrive à Paris en 1939. Il
écrit "Les Débris du Souvenir". Considéré dans les années 50 comme un
mystificateur par la majorité de la critique, Eugène IONESCO s'est imposé au
fil des ans comme une des grandes figures de la littérature française.
Il devient académicien en 1970.
Un farceur pessimiste
lonesco est partisan de l’exagération et de la
farce, loin de toute recherche de vraisemblance. Il recherche un comique
dur, sans finesse, excessif, insoutenable. Il veut pousser tout au paroxysme,
faire un théâtre de violence: violemment comique, violemment dramatique. Ainsi
son théâtre est‑il tragique et burlesque, réaliste et fantastique,
quotidien et insolite, temporel et intemporel.
Un monde solitaire et absurde
Le monde de lonesco est absurde, déjà
mort: « Ce qui doit finir est déjà fini » (Le roi se meurt). Tous les
personnages sont prisonniers d’un langage mort. Car lonesco nie toute
possibilité de communication: ses jeux de mots aboutissent, par la dislocation du
langage, à un éclatement du réel. L’être est seul au centre d’un univers
absurde dont le comique ne fait que révéler l’implacable tragédie et la tension
essentielle.
Un dramaturge engagé malgré lui
Par certains aspects de son œuvre,
Ionesco,est aussi un écrivain engagé. Roumain
d’origine, il est sensible à la montée des totalitarismes dans les pays de
l’Est: il l’exprime clairement dans « Rhinocéros ». Sous l’amère
farce, il dénonce les systèmes d’asservissement de l’homme, et dévoile les
pièges que constituent la famille, la société, I’Église, autant de pouvoirs qui
libèrent les pulsions humaines les moins valorisantes (sadisme, cruauté,
bêtise).
La Cantatrice chauve
LIEU DE L’ACTION
Dans les environs de Londres, l’intérieur
bourgeois du couple Smith.
ÉPOQUE DE L’ACTION Contemporaine de
l’auteur.
PERSONNAGES PRINCIPAUX
M. et Mme Smith, bourgeois anglais; M.et
Mme Martin, leurs amis; Mary, la bonne; le capitaine des pompiers.
RÉSUMÉ DE L’ACTION
Mme Smith décrit devant son mari le repas
typiquement anglais qu’ils ont fait. Ils évoquent la mort de Bobby Watson et sa
généalogie (sc. 1). Mary annonce l’arrivée des Martin (sc. 2). M. et Mme Martin
ont l’impression de s’être déjà vus ailleurs; en parlant, ils arrivent à la
conclusion qu’ils sont mari et femme (sc. 4). La conversation reprend avec les
Smith. Au milieu d’un échange de politesses et de banalités, des coups de
sonnette retentissent: à trois reprises, Mme Smith va ouvrir mais ne trouve
personne (sc. 7).. La 4e fois, le capitaine des
pompiers entre; on discute avec animation du mystère des coups de sonnette. Le
capitaine entreprend de conter des anecdotes, chacun rapporte des « fables
expérimentales » (sc. 8) et Mary récite un poème. Le capitaine s’enquiert de la
cantatrice chauve puis prend congé (sc. 10). Dans un dialogue de sourds
exacerbé, les deux couples échangent des répliques absurdes, de plus en plus
violentes (sc. 11). La pièce se termine sur la reprise de la scène 1, avec les
Martin à la place des Smith.
THÈMES DOMINANTS
·
Le langage: c’est le thème essentiel de la pièce.
Derrière les échanges de répliques, en effet, nul dialogue véritable: les
personnages ne communiquent pas. Le langage seul soutient cette pièce privée
d’intrigue. Sur le plan de la technique théâtrale, les conversations, tour à tour
insignifiantes et désarticulées, constituent le ressort dramatique de la pièce.
Elles produisent des effets comiques fondés sur l’absurde et apparentent la
pièce à la farce. Sur le plan philosophique, elles attestent l’échec du langage
dans sa vocation d’échange et renvoient l’image d’un monde devenu fou.
·
La bourgeoisie: appréhendée à travers le couple
stéréotypé des Smith et des Martin, elle apparaît comme un milieu fermé sur lui‑même.
Les clichés de la conversation ordinaire, les échanges de banalités, le langage
sclérosé traduisent la pauvreté de la pensée d’un groupe social miné par la
routine.
SOURCES ET INSPIRATION
Une source « littéraire ». Eugène lonesco
s’inspire de la méthode Assimil l’Anglais sans peine qui lui fournit les
personnages et l’idée d’un dialogue théâtral fondé sur le cliché.
POINT DE VUE SUR L’ŒUVRE
·
S’inscrivant dans la lignée du théâtre surréaliste, elle est à l’origine du
nouveau théâtre ou théâtre de l’absurde qui voit le jour dans les années 50.
·
Théâtre abstrait. Anti‑thématique, anti‑idéologique, anti‑philosophique,
anti‑psychologique, anti‑bourgeois, redécouverte d’un nouveau
théâtre libre.